Participez !

Envoyez toutes les traces de racisme ordinaire que vous rencontrez à l'adresse racismeordinaire@gmail.com

Merci de penser à indiquer la source, et si possible le lien.

Recommander

Les (mes)aventures d'Alain F.

Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /Déc /2005 14:10
"Qui de nous deux
Inspire l'autre
Qui de nous deux
Speed l'autre
Speed l'autre"
(Mathieu Chédid)

Pour Nicolas Sarkozy, Alain Finkielkraut fait "honneur à l'intelligence française". Pas très étonnant de la part du "président autoproclamé des banlieues" de trouver dans les élucubrations racistes d'Alain Finkielkraut une source d'inspiration intellectuelle pour son action politique... Même si, en ce moment, il est parfois difficile de savoir qui inspire qui...


------------------------------------------------

Retrouvez les déclarations du minstre de l'intérieur sur le Nouvelobs.com et ci-dessous :

Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a défendu dimanche 4 décembre l'intellectuel français Alain Finkielkraut, dont les propos avaient suscité une vive polémique après une interview à un quotidien israélien sur les émeutes en banlieue, faisait "honneur à l'intelligence française".
"M. Finkielkraut est un intellectuel qui fait honneur à l'intelligence française et s'il y a tant de personnes qui le critiquent, c'est peut-être parce qu'il dit des choses justes", a jugé Nicolas Sarkozy au grand jury RTL-LCI-Le Figaro.
"Lui ne se croit pas obligé de défendre cette pensée unique qui n'a eu comme seul résultat de porter le Front national à 24%", a poursuivi le ministre. "Voilà le seul résultat de tous ces bien-pensants qui vivent dans un salon entre le café de Flore et le boulevard Saint-Germain, et qui s'étonnent que la France leur ressemble si peu", a-t-il poursuivi.

Par L'équipe des chroniques du racisme ordinaire - Publié dans : Les (mes)aventures d'Alain F.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 28 novembre 2005 1 28 /11 /Nov /2005 08:00
Nous avions promis d'arrêter de remarquer le racisme d'Alain Finkielkraut... pour l'instant. Mais le philosophe est coriace... et revient sur ses excuses avec de nouvelles déclarations au "Monde". Comme nous avions suivi le feuilleton, il nous semblait important de vous les faire découvrir.

Vous trouverez ci-dessous, l'intégralité de l'interview donnée au Monde. Morceaux choisis, avant d'aller plus loin :
"Disons les choses clairement : des Français de souche ont aussi participé aux émeutes, mais le gros était constitué de jeunes d'origine africaine et nord-africaine". "Je pense qu'il n'y a pas de lien de cause à effet entre la misère sociale réelle des quartiers et l'incendie des écoles. " "Et oui, il y a une part criminelle dans la colonisation. Si je devais l'enseigner, je commencerais par Au coeur des ténèbres, de Joseph Conrad. Mais elle n'était pas que cela, et il devient chaque jour plus difficile de le dire."

Une des réponses les plus construites à ces diatribes qui misent sur la concurrence des victimes est sans doute celle de l'Union Juive Française pour la Paix (UJFP), signée de son président Richard Wagman. Disponible - entre autres - sur le blog d' Alain Mabanckou, romancier et  poète congolais. C'est aussi une bonne occasion de découvrir ce blog.

Continuez à nous écrire et à nous envoyer articles, idées et déclarations : racismeordinaire@gmail.com

--------------------------------

Alain Finkielkraut : "J'assume"

Pourquoi ne vous reconnaissez-vous pas dans le compte rendu qu'a fait Le Monde de vos propos parus dans le journal israélien Haaretz, lequel les a comparés à ceux d'"un militant du Front national" ?

Le personnage que désigne cet article m'inspire du mépris, et même du dégoût. Je ne suis pas ce frontiste excité nostalgique de l'épopée coloniale. J'essaie seulement de déchirer le rideau des discours convenus sur les événements actuels. Lui, c'est lui, et moi c'est moi. A ma grande stupeur, depuis mercredi, nous portons le même nom.

Ce qui m'inquiète, c'est la désafiliation nationale. Je dis donc effectivement que lorsque certains jeunes émeutiers évoquent entre eux "les Français", nous sommes perdus. J'ajoute que certains juifs aussi succombent à cette tentation. Je leur réponds : "Si votre présence ici ne relève que de l'utilité, soyez honnêtes avec vous-même : vous avez Israël." Moi, quand j'entends "les Français", je suis indigné. La phrase incriminée doit être remise dans cette perspective. Si, pour ces jeunes des cités, la France n'est qu'une carte d'identité, eux aussi ont le droit de partir. Mais je sais que ce n'est pas une possibilité et je le dis dans l'entretien.

Vous êtes enfant d'immigré. Ne pouvez-vous imaginer que dire "les Français" relève d'un rapport plus complexe que l'utilitarisme ? Du souci de préserver une identité sans remettre en question la volonté d'insertion ?

Oui, mon père aussi, venu de Pologne, disait "les Français". Il en avait le droit. Mais j'ai toujours pensé que cette façon d'être n'était pas transmissible. Moi, je refuse cette posture. Or ces jeunes sont, comme moi, nés en France. Je leur demande la même cohérence.

Que contestez-vous dans les propos qui vous ont été attribués ?

Il y une chose que je ne reprends en aucune façon à mon compte, c'est l'idée que les Lumières apportaient la civilisation à des "sauvages". Ce mot ne fait pas partie de mon vocabulaire. L'intention des Lumières est équivoque. Cette équivoque doit nous garder de tout alignement du colonialisme sur une entreprise purement criminelle. Intégrer des hommes dans la catholicité des Lumières est autre chose qu'une volonté d'extermination. Cela peut avoir, ici ou là, des effets positifs. C'est tout ce que je voulais dire. Comme Occidental confronté à l'ère du vide, je n'ai aucun esprit de supériorité. Mais je suis inquiet devant la montée des nouvelles revendications de mémoires. On demande, quelquefois pour soigner les blessures identitaires, un nouvel enseignement de l'esclavage et de la colonisation. Pourquoi pas ? Sauf que cette demande se formule de plus en plus comme un "droit à la Shoah". Comme si, pour résoudre une terrible compétition des mémoires, il fallait "élargir" la Shoah. Dès lors, la colonisation ne devient plus qu'un crime contre l'humanité. Or elle fut "ambiguë", comme a écrit Claude Liauzu, et ne se ramène pas à ses seuls crimes.

Prenons deux citations : "Qu'a fait ce pays aux Africains ? Que du bien", et "l'esclavage n'était pas une Shoah, pas un crime contre l'humanité". Ne vous situez-vous pas vous-même dans la "concurrence des victimes" ?

Bien entendu, les traites négrières sont un crime contre l'humanité. Et oui, il y a une part criminelle dans la colonisation. Si je devais l'enseigner, je commencerais par Au coeur des ténèbres, de Joseph Conrad.

Mais elle n'était pas que cela, et il devient chaque jour plus difficile de le dire. Quant à l'esclavage, on traite de négationniste quiconque ose rappeler que l'Occident n'en est pas seul responsable, qu'il y a eu des traites internes à l'Afrique et orientales. Si l'Occident a une spécificité, par-delà ses crimes, c'est l'abolitionnisme. Pour ce qui est des Africains auxquels la France n'a fait "que du bien", je parlais des immigrants récents et je les comparais à mon père, déporté par Vichy. Le modèle de la Shoah plane désormais sur toutes les horreurs collectives. Cette concurrence des victimes doit être combattue sans répit. On ne réconciliera pas les Noirs, les juifs et les Arabes sur le dos de la vérité. Parler comme les "Indigènes de la République" est détestable.

La clé des émeutes dans les cités est, à vos yeux, qu'elles ont été le fait non pas de "jeunes" indéterminés, mais de Noirs et d'Arabes musulmans ?

Face à ce grand saccage, la France est divisée en deux partis : celui de la compréhension et celui de l'indignation. Le parti de la compréhension est celui qu'on entend le plus. Certains vont jusqu'à célébrer la multitude insurgée. La plupart veulent décharger les émeutiers de leurs responsabilités en assignant leurs actes à un urbanisme effrayant, à l'isolement, au chômage, aux "provocations" du ministre de l'intérieur, au racisme endémique. Je pense qu'il n'y a pas de lien de cause à effet entre la misère sociale réelle des quartiers et l'incendie des écoles. Pourquoi cet acharnement contre les symboles républicains ? Nous devons admettre qu'un certain nombre de gens vivant en France détestent ce pays.

Le nombre d'arrestations et la hausse de la popularité du ministre de l'intérieur ne vont pourtant pas dans le sens de la "compréhension" à l'égard des émeutiers ...

Je ne ferai aucune concession au politiquement correct. Chaque jour, les "Guignols de l'info" font jouer à M. Sarkozy le rôle de l'ennemi absolu pour qui tous les Arabes sont des voleurs et les Noirs des racailles. Il clame le contraire, mais c'est ce que les jeunes des banlieues regardent.

Les policiers, les éducateurs n'ont pas constaté de revendication religieuse. De même, on trouve des Français "de souche" parmi les jeunes condamnés. D'où tenez-vous qu'il s'agit d'une révolte "ethno-religieuse" ?

D'accord, la religion n'a pas joué comme religion, mais comme référence identitaire. Mais votre question m'étonne. L'antiracisme contemporain est ubuesque. Il m'est reproché de parler de l'origine des émeutiers. Or ceux qui m'accusent sont les mêmes à prôner la lutte contre les discriminations raciales. Si nous n'avions eu affaire qu'à un problème purement social, il serait traité comme tel. Je ne nie nullement l'existence du racisme subi par ces jeunes.

La question que je pose s'adresse à notre ultime utopie, qu'il y a quelques mois encore Le Monde défendait avec panache : le métissage. On pensait que la réponse au racisme, c'est une société multiraciale. Or une société multiraciale peut être aussi une société multiraciste. Je sais que mon propos est scabreux. Disons les choses clairement : des Français de souche ont aussi participé aux émeutes, mais le gros était constitué de jeunes d'origine africaine et nord-africaine. Toute généralisation est abusive. Le racisme, c'est la généralisation. Mais, maintenant, l'antiracisme risque de devenir une prophétie autoréalisatrice.

Il faut compter aujourd'hui avec une haine de l'Occident dans le monde arabo-musulman qui a des retombées françaises. Mais, bien sûr, il y a aussi des causes à chercher en nous-mêmes. Elles résident dans le vide spirituel de nos sociétés. Ces adolescents ennemis de notre monde en sont aussi la caricature ultime. Ce n'est pas par hasard qu'ils veulent détruire les écoles. Nous vivions dans une société où l'utilité et l'immédiateté ont aboli l'humanisme.

De plus en plus de gens considèrent que l'école est là pour donner du boulot. L'idée que l'enseignement est à lui-même sa propre finalité ne fait presque plus sens. Dès lors, saccager une école qui ne vous garantit rien devient compréhensible.

La révolte ne serait donc pas due aux difficultés d'insertion de ces jeunes, mais à leur rejet intrinsèque du "modèle français" ?

Il n'y a pas que du rejet. D'une certaine façon, ils sont aussi l'avant-garde de ce comportement général de plaignant et d'ayant droit frustré. L'école, c'est le droit au diplôme ; le diplôme, le droit au travail... Il y a là comme un rapport syndical à la réalité, pur produit d'un monde sans repères. Dans les cités, ceux qui jouent le jeu républicain se font traiter très souvent de "bouffons".

Vous dites à Haaretz que vos propos, vous ne pourriez les tenir en France. Que peut-on dire à l'étranger qu'il est impossible de dire ici ?

Il est très difficile en France de résister à un discours convenu qui réduit les événements actuels aux seules questions d'inégalités et de discriminations.

Si, comme vous le pensez, "le modèle républicain s'est effondré dans ces émeutes, mais le modèle multiculturel ne va pas mieux", faut-il conclure à l'impossibilité d'intégrer les populations noires, arabes et musulmanes ?

Cette intégration est notre obligation. Mais la solution ne réside pas dans la stigmatisation incessante de notre pays. On n'intégrera jamais des gens qui n'aiment pas la France dans une France qui ne s'aime pas. Et il faut commencer par réhabiliter l'école. Si la langue française ne reconquiert pas ce territoire perdu qu'est le parler des banlieues, alors, oui, la discrimination à l'embauche et au logement s'aggravera. Dire cela est caractérisé aujourd'hui comme du racisme !

Pour éviter toute incompréhension, la solution ne serait-elle pas de voir publier en français l'intégralité de l'interview de Haaretz ?

Il faudrait qu'on m'entende avant de me condamner. Lorsque j'évoque l'équipe de France de football, je rappelle qu'au match France-Algérie, La Marseillaise a été sifflée. Ces sifflets n'étaient pas antiracistes, mais racistes, puisqu'ils visaient une équipe "black-blanc-beur". Après, je dis que cette équipe est devenue "black-black-black", et quelque chose comme "cela fait rire toute l'Europe". C'est une référence sans méchanceté aux séquelles heureuses du colonialisme et un écho au sourire de mon père quand il notait que les joueurs de l'équipe de France des années 1950 s'appelaient Kopa, Cisowski et Ujlaki et que les Français manquaient à l'appel.

Je suis un supporteur de l'équipe de France. Je vénère Zidane, le joueur. Mais je n'ai pas été compris. Je ne pense pas un instant que l'humanité ait jamais été divisée entre civilisés et sauvages. Ce point de l'article, je le nie complètement. Le reste, avec les précisions que j'ai essayé de donner, je l'assume.

 

Propos recueillis par Sylvain Cypel et Sylvie Kauffmann


Par L'équipe des chroniques du racisme ordinaire - Publié dans : Les (mes)aventures d'Alain F.
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 25 novembre 2005 5 25 /11 /Nov /2005 21:30
Après ses déclarations racistes au quotidien Haaretz, Alain Finkielkraut a finalement présenté des excuses au micro d'Europe 1, vendredi 25 novembre. Lire le verbatim de l'emission sur le site du nouvelobs.com.

Mais ses déclarations restent ambigues
puisqu'il a, durant toute l'interview, soutenu qu'il ne se reconnaissait pas dans les citations choisies par Le Monde, sous entendant que le quotidien n'avait pas retranscrit le fond de sa pensée. Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) a finalement renoncé à porter plainte pour incitation et provocation à la haine raciale, tout en estimant que ces excuses n'étaient pas "sincères".

Pour en juger, voici quelques faits d'armes récents d'
Alain Finkielkraut. Invité de l'emission Ripostes sur France 5 le dimanche 13 novembre 2005 pour commenter la "crise des banlieues", il explique sa vision de la situation"Le cœur de l'humanisme républicain bat pour ceux qui incendient des écoles." Soit.  Dans une autre interview, rapporté sur le site du Collectif des Antillais, Guyanais et Réunionnais il s'en prend aux habitants des DOM, en stigmatisant  "les victimes antillaises de l’esclavage qui vivent aujourd’hui de l’assistance de la Métropole". Il explique aussi que, selon lui, l'extrême-droite est actuellement "moribonde" en France. Le 21 avril 2002 appréciera.

Inutile toutefois de s'acharner sur la personnalité d' Alin Finkielkraut, il n'est que la partie visible de l'iceberg. Comme il l'affirme  lui même, il dit ce que tout le monde pense... selon lui.

L'équipe des Chroniques du racisme ordinaire remercie les personnes (nombreuses) qui ont déjà envoyé des infos
a l'adresse racismeordinaire@gmail.com, et toutes celles (un peu moins nombreuses, mais nombreuses quand même) qui se sont inscrites à la newsletter (qui aura une existence réelle très bientôt). Continuez !
Par L'équipe des chroniques du racisme ordinaire - Publié dans : Les (mes)aventures d'Alain F.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 24 novembre 2005 4 24 /11 /Nov /2005 17:07
Pour info, c'est suite à ces déclarations que le blog  "Chroniques du racisme ordinaire à été lancé"...

La litanie raciste de l'ancien philosophe est tellement impressionante qu'il serait trop long de tout reproduire dans son intégralité...

En Anglais, sur le site du quotidien israélien Haaretz
En Fançais, de très longs extraits de l'interview traduite par  Michel Warschawski et Michèle Sibony, sur le blog de la feuille de chou. (merci, la feuille de chou.)

Et pour en avoir quand même quelques extraits, un article du "Monde" qui reprend certaines des expressions les plus racistes.

-------------------------------------

La voix "très déviante" d'Alain Finkielkraut au quotidien "Haaretz"

«On voudrait réduire les émeutes des banlieues à leur dimension sociale, y voir une révolte de jeunes contre la discrimination et le chômage. Le problème est que la plupart sont noirs ou arabes, avec une identité musulmane. En France, il y a d'autres émigrants en situation difficile. Ils ne participent pas aux émeutes. Il est clair que nous avons affaire à une révolte à caractère ethnico-religieux." Tel est le point de vue du philosophe Alain Finkielkraut, qu'il développe dans une longue interview au quotidien israélien Haaretz du 18 novembre.

Le journal le présente comme "une voix très déviante, d'abord parce que ces propos ne sortent pas de la bouche de Jean-Marie Le Pen". La crise des cités est-elle une réaction au racisme dont sont victimes les Arabes et les Noirs ?, lui demande le quotidien. "Je ne le pense pas, répond le philosophe. (...) On nous dit que l'équipe de France est admirée parce qu'elle est black-blanc-beur. (...) En fait, aujourd'hui, elle est black-black-black, ce qui fait ricaner toute l'Europe." Voir dans les émeutes "une réponse au racisme français, c'est être aveugle à une haine plus large : celle de l'Occident" qui anime, selon lui, les jeunes banlieusards.

"On a peur du langage de vérité. Pour des raisons nobles, on préfère dire "jeunes" que "noirs" ou "arabes", dit-il. "Je n'ai pas parlé d'intifada des banlieues. J'ai pourtant découvert qu'eux aussi envoient en première ligne les plus jeunes. Vous, en Israël, connaissez cela : on envoie les jeunes devant parce qu'on ne peut pas les mettre en prison.(...) Il s'agit d'un pogrom antirépublicain : il y a en France des gens qui haïssent la République."

Pour quelle raison ? "Eux et ceux qui les justifient disent que cela provient de la fracture coloniale", répond M. Finkielkraut. "Le principal porte-parole de cette théologie, c'est Dieudonné, qui est le vrai patron de l'antisémitisme, et non le Front national. Mais au lieu de combattre son discours, on fait précisément ce qu'il demande : on change l'enseignement de l'histoire coloniale et de l'esclavage. Désormais, on enseigne qu'ils furent uniquement négatifs, et non que le projet colonial entendait éduquer et amener la culture aux sauvages." Rappelant que son père fut déporté de France à Auschwitz, il ajoute : " Qu'a fait ce pays aux Africains ? Que du bien. A mon père, il a fait subir cinq ans d'enfer. Pourtant, je n'ai jamais été éduqué dans la haine. Or celle des Noirs (contre la France) est pire encore que celle des Arabes."

Les journalistes notent que beaucoup d'enfants d'immigrés ne se sentent pas respectés comme français. Réponse : "Ils disent : "Je ne suis pas français, je vis en France et en plus ma situation économique est difficile." Mais personne ne les retient ici de force." Quant aux motivations des jeunes des cités, elles n'ont aucun lien avec l'emploi, selon lui. Que veulent-ils ? "C'est simple : l'argent, les marques et, parfois, les filles." Certes, reconnaît-il, "il existe des Français racistes, qui n'aiment pas les Arabes et les Noirs". "Ils les aimeront encore moins en prenant conscience de combien ceux-ci les haïssent (...) Imaginons que vous gérez un restaurant. Un jeune vous demande un emploi. Il a l'accent des banlieues. C'est simple : vous ne l'engagerez pas, c'est impossible." Voilà, se désole-t-il, "des propos de bon sens", mais, dans la France actuelle, "on leur préfère le mythe du "racisme français"". Et de conclure : "L'antiracisme sera au XXIe siècle ce que fut le communisme au XXe."

Sylvain Cypel - Article paru dans l'édition du 24.11.05


Par L'équipe des chroniques du racisme ordinaire - Publié dans : Les (mes)aventures d'Alain F.
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Recherche

W3C

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus