Partager l'article ! Effroyable Lionel Luca: Vous ne connaissiez pas Lionel Luca ? Les Chroniques du racisme ordinaire vous donnent l'occasion de découvrir un d&eac ...
Chirac, de son côté, propose l'instauration d'une journée du souvenir.
par Vanessa SCHNEIDER
QUOTIDIEN : mardi 13 décembre 2005
«Blessure». Les propos du député UMP des Alpes-Maritimes, Lionnel Luca, ne les apaiseront pas. Hier, ce dernier a franchi un cap supplémentaire en affirmant que sans «la colonisation, ni Léon Bertrand ni Azouz Begag ne seraient ministres de la République française». Une réponse à ces deux ministres, guyanais et beur, qui ont réclamé l'abrogation du fameux article 4 de la loi du 23 février 2005. Lionnel Luca s'était déjà illustré la semaine dernière dans Libération en s'étonnant que «ceux qui aux Antilles font toute sorte d'amalgames avec l'esclavage ne crachent pas sur le RMI des anciens colonisateurs !». Souhaitant que la France «arrête de se déchirer sur son passé pour pouvoir relever les défis d'aujourd'hui», il a expliqué hier que «l'article 4 ne saurait être modifié qu'à la condition expresse que toutes les parties prenantes y soient associées, en particulier les associations de rapatriés et de harkis à qui il est temps de donner la parole».
Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, fils d'Algérien, avait, le matin même sur RTL, souhaité «à titre personnel», l'abrogation de l'article qu'il considère comme «une blessure». Son collègue Léon Bertrand, ministre du Tourisme, s'était exprimé dans le même sens à la sortie du Conseil des ministres mercredi dernier. Alors que le gouvernement cherche une issue législative pour calmer la colère aux Antilles sans obliger les parlementaires UMP à se déjuger de façon trop voyante, le parti de Nicolas Sarkozy n'a pas jugé utile de se désolidariser des propos de Lionnel Luca. Lors du point de presse hebdomadaire de l'UMP, sa porte-parole, Valérie Pécresse, a préféré s'en prendre à la gauche en soulignant que la demande d'abrogation des socialistes était «avant tout une initiative polémique et opportuniste».
Meeting. La gauche n'entend pas pour autant désarmer : le porte-parole du PS, Julien Dray, a souhaité hier que tous les partisans de l'abrogation de la mention légale du «rôle positif» de la colonisation parviennent «à une démarche unitaire». Il a ainsi évoqué l'organisation de «meeting» ou de «déclaration commune». «On peut admettre une erreur. L'erreur est humaine, mais persévérer est diabolique».