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Mardi 13 décembre 2005 2 13 /12 /Déc /2005 15:06
Vous ne connaissiez pas Lionel Luca ? Les Chroniques du racisme ordinaire vous donnent l'occasion de découvrir un député UMP pas comme les autres, ou plutôt très comme les autres... Sarkozyste de la première heure, cet élu des Alpes martimes a estimé que sans «la colonisation, ni Léon Bertrand ni Azouz Begag ne seraient ministres de la République française». Une manière de répondre à ces ministres qui ont osé demander l'abrogation de l'article 4 de la loi du 23 février 2005, qui glorifie la colonisation française.

Lionnel Luca avait déjà remarqué - avec sa finesse habituelle -  la semaine dernière que «ceux qui aux Antilles font toute sorte d'amalgames avec l'esclavage ne crachent pas sur le RMI des anciens colonisateurs !».

Pour lire l'article de Libération, cliquez ici ou bien rendez vous ci dessous...

L'ami Lionel Luca n'en est pas à sa première : on retrouve sa trace sur le site du MNR, dans des initiatives communes avec Bruno Mégret, ou encore dans toutes les propositions de loi visant à réduire l'accession à la nationalité française (ici).  Il déclarait
également en 1997 que « la seule façon d’empêcher la récidive des crimes sexuels est la peine de mort ». (propos repris par le quotidien l'Humanité)

Il est même signataire d'une proposition visant à rétablir la peine de mort : c'est , sur le site de l'Assemblée nationale.


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Colonies: un député UMP tacle les ministres trop bronzés

Chirac, de son côté, propose l'instauration d'une journée du souvenir.

par Vanessa SCHNEIDER
QUOTIDIEN : mardi 13 décembre 2005


Jacques Chirac n'en finit pas d'essayer d'éteindre la polémique née de l'initiative du groupe UMP qui a fait voter, en février, une loi louant le «rôle positif» de la «présence française» outre-mer. Après avoir annoncé vendredi la création d'une mission confiée à Jean-Louis Debré, le président de la République se prononce aujourd'hui dans le Parisien pour l'instauration d'une «journée du souvenir» pour les descendants d'esclaves. Rappelant que la France a été «le premier pays au monde, et à ce jour le seul, à reconnaître l'esclavage comme un crime contre l'humanité», le chef de l'Etat admet, dans une réponse aux lecteurs du journal, que la question de l'esclavage est vécue «comme une blessure identitaire» chez «beaucoup de nos compatriotes, notamment d'outre-mer».

«Blessure». Les propos du député UMP des Alpes-Maritimes, Lionnel Luca, ne les apaiseront pas. Hier, ce dernier a franchi un cap supplémentaire en affirmant que sans «la colonisation, ni Léon Bertrand ni Azouz Begag ne seraient ministres de la République française». Une réponse à ces deux ministres, guyanais et beur, qui ont réclamé l'abrogation du fameux article 4 de la loi du 23 février 2005. Lionnel Luca s'était déjà illustré la semaine dernière dans Libération en s'étonnant que «ceux qui aux Antilles font toute sorte d'amalgames avec l'esclavage ne crachent pas sur le RMI des anciens colonisateurs !». Souhaitant que la France «arrête de se déchirer sur son passé pour pouvoir relever les défis d'aujourd'hui», il a expliqué hier que «l'article 4 ne saurait être modifié qu'à la condition expresse que toutes les parties prenantes y soient associées, en particulier les associations de rapatriés et de harkis à qui il est temps de donner la parole».

Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, fils d'Algérien, avait, le matin même sur RTL, souhaité «à titre personnel», l'abrogation de l'article qu'il considère comme «une blessure». Son collègue Léon Bertrand, ministre du Tourisme, s'était exprimé dans le même sens à la sortie du Conseil des ministres mercredi dernier. Alors que le gouvernement cherche une issue législative pour calmer la colère aux Antilles sans obliger les parlementaires UMP à se déjuger de façon trop voyante, le parti de Nicolas Sarkozy n'a pas jugé utile de se désolidariser des propos de Lionnel Luca. Lors du point de presse hebdomadaire de l'UMP, sa porte-parole, Valérie Pécresse, a préféré s'en prendre à la gauche en soulignant que la demande d'abrogation des socialistes était «avant tout une initiative polémique et opportuniste».

Meeting. La gauche n'entend pas pour autant désarmer : le porte-parole du PS, Julien Dray, a souhaité hier que tous les partisans de l'abrogation de la mention légale du «rôle positif» de la colonisation parviennent «à une démarche unitaire». Il a ainsi évoqué l'organisation de «meeting» ou de «déclaration commune». «On peut admettre une erreur. L'erreur est humaine, mais persévérer est diabolique».


Par L'équipe des chroniques du racisme ordinaire - Publié dans : Racisme ordinaire
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