Jean-Paul Garraud et l'ombre de Vichy

Publié le par L'équipe des chroniques du racisme ordinaire

Thème chronique de la droite extrémiste : "les mauvais Français". Le député UMP Jean-Paul Garraud, par ailleurs ancien président du Tribunal de grande instance de Paris a proposé de déchoir de leur nationalité française les étrangers naturalisés reconnus coupables pour "des faits graves" lors des évènements dans les banlieues. Argument de campagne favori de Jean-Marie Le Pen, le fait de déchoir des étrangers de leur nationalité revient périodiquement.

L'effet d'annonce, le 9 novembre, n'a pas été suivi : à ce jour aucune proposition de loi n'a été déposée, ni par Jean-Paul Garraud, ni par un autre député. Mais ce député, qui se veut proche de Nicolas Sarkozy, est un digne représentant de la droite de la droite de l'UMP (et en ce moment, c'est difficile de faire plus).

Car ce M. Gararud est aussi créateur du délit d'
"atteinte à la dignité de la France et de l’Etat" , une proposition de loi que vous pouvez retrouver sur le site de l'Assemblée nationale.

Alors pour mémoire, retrouvez ces déclarations ici (et ci-dessous) et un très bon dossier sur le député Jean-Paul  "Maréchal, nous voilà" Garraud sur le site de la Ligue des droits de l'homme de Toulon.

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Nouvelobs.com, 9 novembre 2005

Certains émeutiers déchus de leur nationalité ?


Le député UMP Jean-Paul Garraud et Jean-Marie Le Pen sont partisans de déchoir les émeutiers étrangers naturalisés français de leur nationalité.
L e député UMP Jean-Paul Garraud a annoncé mercredi 9 novembre le dépôt prochain d'une proposition de loi visant à donner la possibilité aux tribunaux de "déchoir de la nationalité française" les étrangers naturalisés reconnus coupables pour "des faits graves" dans les violences urbaines.
"Les délinquants qui participent à la guérilla urbaine actuelle cherchent par des objectifs précis à détruire la Nation française. Ils expriment aussi par ces violences leur rejet de la France", a affirmé dans un communiqué Jean-Paul Garraud.
Pour le député de Gironde et ancien président du TGI de Paris, "il est plus que jamais nécessaire de donner la possibilité aux tribunaux de déchoir de la nationalité française les étrangers qui l'on acquise, si leur culpabilité est reconnue pour des faits graves ayant démontré leur volonté de porter atteinte aux valeurs de la République".
"Les voyous ne s'attaquent pas qu'à des biens matériels. Ils visent à travers eux les symboles de notre culture, les fondements de la nation française. Ces comportements s'apparentent à du fascisme culturel", a-t-il poursuivi.
"Quand des écoles, des crèches ou des livres brûlent c'est un peu de notre civilisation qui part en fumée", a ajouté Jean-Paul Garraud.

Comme Le Pen

Le chef du FN Jean-Marie Le Pen a lui aussi préconisé mercredi que les jeunes issus de l'immigration qui prennent part aux violences urbaines en France soient déchus de leur nationalité, dans un entretien à la BBC.
"Nous devons retirer la nationalité française à ceux qui sont identifiés comme ayant pris part à ces émeutes" , a dit le président du Front National, qui les a qualifiés de "Français de papier".
"La loi française autorise à retirer la nationalité à ceux qui n'en sont pas dignes. (...) Nous allons leur retirer la nationalité, à eux, pas à leurs grands-parents", a déclaré M. Le Pen, dont les propos étaient traduits en anglais.
A la journaliste qui lui faisait valoir que ces jeunes étaient nés en France et que leurs grands-parents étaient venus d'Algérie, Jean-Marie Le Pen a rétorqué, faisant référence à l'exode des Français d'Algérie après l'indépendance: "Il y a eu un million et demi de Français qui sont nés en Algérie et cela n'a pas empêché les Algériens de les rejeter à la mer".
"Si leurs parents et grands-parents sont venus en France pensant que c'était un Eldorado et si leurs petits-enfants estiment qu'il n'y a pas d'opportunités, ils peuvent toujours retourner dans leur pays d'origine", a-t-il ajouté. "Ce sont des 'Français de papier'", a-t-il dit. "Je ne crois pas avoir entendu que ces jeunes cherchent réellement un travail. Pour travailler, il faut vouloir chercher un emploi. Beaucoup d'entre eux, pas tous, sont très contents de vivre d'allocations sociales, de l'économie souterraine, du trafic de drogue", a-t-il dit.

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